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	<title>Commentaires sur : Armes du fort – stratégie du faible</title>
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	<description>Analyse des affrontements géopolitiques, géoéconomiques et informationnels</description>
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		<title>Par : Nicolas Mazzucchi</title>
		<link>http://www.polemos.fr/2009/11/armes-du-fort-%e2%80%93-strategie-du-faible/comment-page-1/#comment-3189</link>
		<dc:creator>Nicolas Mazzucchi</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 10:49:06 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.polemos.fr/?p=122#comment-3189</guid>
		<description>Hello Pedro,

Merci d&#039;apporter cet éclairage sur les exemples les plus actuels de cette stratégie. Les Tablibans sont en effet devenus des maitres dans les stratégies de guérilla, ayant retenu les leçons de l&#039;histoire,  à long terme si on pense aux guerres anglo-afghanes ou à court terme si on regarde l&#039;invasion soviétique. Toutefois, tant les Talibans que les insurgés irakiens, ont ils les moyens de se transformer en forts ? La non-centralisation (apparente ?) et l&#039;orientation sur une base volontairement non-nationale de leur lutte sont, à mon sens, des freins. On note néanmoins une subtile réorientation vers des accents plus nationalistes depuis quelques mois. Les nouveaux Talibans qu&#039;on nous annonce seront peut être ceux de l&#039;Afghanistan avant d&#039;être ceux de l&#039;anti-Occident.

Du côté des forces de l&#039;OTAN il faut peut être aussi remettre en cause la notion de victoire telle qu&#039;on la conçoit actuellement. Cette notion, héritée des conflits du continent européen depuis le XIXe siècle est-elle adaptée à des projections de forces aussi loin de l&#039;Europe et des USA ? J&#039;en doute. Même si de brillants succès peuvent être remportés dans les luttes de contre-guérilla, comme l&#039;a montré le Plan Chasles pendant la guerre d&#039;Algérie ou les opérations combinées soviétiques décrites par le colonel Kulakov lors de sa conférence du 11 mai dernier à l&#039;Ecole Militaire, la pérénisation doit être envisagée différement. Finalement la clé pour le camp occidental se trouve tout autant sur le terrain que dans les foyers afghans, américains et européens. Si victoire il y a, elle sera en effet très éloignée du triomphe romain d&#039;antan.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Hello Pedro,</p>
<p>Merci d&#8217;apporter cet éclairage sur les exemples les plus actuels de cette stratégie. Les Tablibans sont en effet devenus des maitres dans les stratégies de guérilla, ayant retenu les leçons de l&#8217;histoire,  à long terme si on pense aux guerres anglo-afghanes ou à court terme si on regarde l&#8217;invasion soviétique. Toutefois, tant les Talibans que les insurgés irakiens, ont ils les moyens de se transformer en forts ? La non-centralisation (apparente ?) et l&#8217;orientation sur une base volontairement non-nationale de leur lutte sont, à mon sens, des freins. On note néanmoins une subtile réorientation vers des accents plus nationalistes depuis quelques mois. Les nouveaux Talibans qu&#8217;on nous annonce seront peut être ceux de l&#8217;Afghanistan avant d&#8217;être ceux de l&#8217;anti-Occident.</p>
<p>Du côté des forces de l&#8217;OTAN il faut peut être aussi remettre en cause la notion de victoire telle qu&#8217;on la conçoit actuellement. Cette notion, héritée des conflits du continent européen depuis le XIXe siècle est-elle adaptée à des projections de forces aussi loin de l&#8217;Europe et des USA ? J&#8217;en doute. Même si de brillants succès peuvent être remportés dans les luttes de contre-guérilla, comme l&#8217;a montré le Plan Chasles pendant la guerre d&#8217;Algérie ou les opérations combinées soviétiques décrites par le colonel Kulakov lors de sa conférence du 11 mai dernier à l&#8217;Ecole Militaire, la pérénisation doit être envisagée différement. Finalement la clé pour le camp occidental se trouve tout autant sur le terrain que dans les foyers afghans, américains et européens. Si victoire il y a, elle sera en effet très éloignée du triomphe romain d&#8217;antan.</p>
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		<title>Par : Pedro</title>
		<link>http://www.polemos.fr/2009/11/armes-du-fort-%e2%80%93-strategie-du-faible/comment-page-1/#comment-3188</link>
		<dc:creator>Pedro</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 17:42:22 +0000</pubDate>
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		<description>L&#039;Irak et l&#039;Afghanistan sont aujourd&#039;hui les exemples les plus sensibles de cette stratégie du faible face au fort. Les talibans, comme les baassistes, ne pouvaient gagner la guerre face à des armées occidentales entrainées et équipées. Cependant, deux éléments ont été négligés lors du déclenchement des opérations: que faire de la victoire, et comment s&#039;extraire des pays &quot;libérés&quot;? Un facteur a été occulté: le facteur temps.
Aujourd&#039;hui, en Afghanistan, les états-majors s&#039;interrogent: les talibans (ou insurgés) sont de plus en plus forts. Ils connaissent nos tactiques, nos moyens, et surtout notre psychologie. Ils ne peuvent pas engager des combats au sens strict du termes (encore qu&#039;ils ont récemment bousculé une compagnie US en choisissant le moment clef d&#039;un désengagement, par une météo empêchant tout appui aérien, et avec un rapport de force favorable : la &quot;fenêtre de tir&quot; a alors été exploitée et les &quot;talebs&quot; ont manqué de peu une victoire historique). ils doivent donc agir différemment. Ils disposent de trois leviers essentiels pour gagner leur guerre de reconquete: 
1:le temps: en effet, le temps représente un facteur d&#039;usure financière et moral déterminant pour les armées occidentales.
2: la communication: chaque mort ou blessé, même isolé, même décorélé d&#039;un quelconque combat, est exploité contre l&#039;armée à laquelle il appartenait, et donc, contre son gouvernement, son parlement, au travers des médias...(ex: l&#039;article odieux de Paris-Match, après l&#039;embuscade d&#039;Uzbine)
3: la peur: la plupart des KIA (Killed In Action) sont dus aujourd&#039;hui aux IED (explosifs artisanaux déposés sur/sous/dans/a coté des routes... Chaque soldat qui prend la route, dans un convoi ou de quelque manière que ce soit, est de fait en danger de mort (ou de perdre ses jambes...). Ce stress est bien plus important que celui du combat, ou de l&#039;obus perdu. Pour rajouter au stress, les insurgés pratiquent maintenant l&#039;&quot;overkill&quot;: s&#039;il suffit de 50 kg d&#039;explosif pour détruire un véhicule blindé, ils en mettent une tonne. Pour les passagers du véhicule, le résultat est le même: ils meurent aussi vite. Mais pour les spectateurs, l&#039;effet est dévastateur, et le stress augmente. 
La stratégie du faible au fort est vieille comme le monde. Aujourd&#039;hui, elle fait des ravages...dans le camp occidental. Si les armées de l&#039;Otan restent, elle paieront le prix du sang. Si elle partent, tout cela n&#039;aura servi à rien, et les talibans reviendront, renforcés par la légitimité de la victoire (exploitée médiatiquement...). Il semble que dans le cas actuel, une victoire ne pourrait qu&#039;être une victoire à la Pyhrrus.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Irak et l&#8217;Afghanistan sont aujourd&#8217;hui les exemples les plus sensibles de cette stratégie du faible face au fort. Les talibans, comme les baassistes, ne pouvaient gagner la guerre face à des armées occidentales entrainées et équipées. Cependant, deux éléments ont été négligés lors du déclenchement des opérations: que faire de la victoire, et comment s&#8217;extraire des pays &laquo;&nbsp;libérés&nbsp;&raquo;? Un facteur a été occulté: le facteur temps.<br />
Aujourd&#8217;hui, en Afghanistan, les états-majors s&#8217;interrogent: les talibans (ou insurgés) sont de plus en plus forts. Ils connaissent nos tactiques, nos moyens, et surtout notre psychologie. Ils ne peuvent pas engager des combats au sens strict du termes (encore qu&#8217;ils ont récemment bousculé une compagnie US en choisissant le moment clef d&#8217;un désengagement, par une météo empêchant tout appui aérien, et avec un rapport de force favorable : la &laquo;&nbsp;fenêtre de tir&nbsp;&raquo; a alors été exploitée et les &laquo;&nbsp;talebs&nbsp;&raquo; ont manqué de peu une victoire historique). ils doivent donc agir différemment. Ils disposent de trois leviers essentiels pour gagner leur guerre de reconquete:<br />
1:le temps: en effet, le temps représente un facteur d&#8217;usure financière et moral déterminant pour les armées occidentales.<br />
2: la communication: chaque mort ou blessé, même isolé, même décorélé d&#8217;un quelconque combat, est exploité contre l&#8217;armée à laquelle il appartenait, et donc, contre son gouvernement, son parlement, au travers des médias&#8230;(ex: l&#8217;article odieux de Paris-Match, après l&#8217;embuscade d&#8217;Uzbine)<br />
3: la peur: la plupart des KIA (Killed In Action) sont dus aujourd&#8217;hui aux IED (explosifs artisanaux déposés sur/sous/dans/a coté des routes&#8230; Chaque soldat qui prend la route, dans un convoi ou de quelque manière que ce soit, est de fait en danger de mort (ou de perdre ses jambes&#8230;). Ce stress est bien plus important que celui du combat, ou de l&#8217;obus perdu. Pour rajouter au stress, les insurgés pratiquent maintenant l&#8217;&nbsp;&raquo;overkill&nbsp;&raquo;: s&#8217;il suffit de 50 kg d&#8217;explosif pour détruire un véhicule blindé, ils en mettent une tonne. Pour les passagers du véhicule, le résultat est le même: ils meurent aussi vite. Mais pour les spectateurs, l&#8217;effet est dévastateur, et le stress augmente.<br />
La stratégie du faible au fort est vieille comme le monde. Aujourd&#8217;hui, elle fait des ravages&#8230;dans le camp occidental. Si les armées de l&#8217;Otan restent, elle paieront le prix du sang. Si elle partent, tout cela n&#8217;aura servi à rien, et les talibans reviendront, renforcés par la légitimité de la victoire (exploitée médiatiquement&#8230;). Il semble que dans le cas actuel, une victoire ne pourrait qu&#8217;être une victoire à la Pyhrrus.</p>
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