Atlas mondial des énergies – J-P. Favennec et Y. Mathieu

C’est un ouvrage fort original que livrent J-P. Favennec et Y. Mathieu chez Armand Colin avec cet Atlas mondial des énergies. Le format court (143 pages tout compris en A4) se prête particulièrement bien à l’exercice d’un atlas didactique sur un sujet qui n’est pas seulement géographique, mais aussi géopolitique, géoéconomique et même technologique. A priori il n’est pas simple de parler de la question énergétique sous forme d’atlas tant la cartographie, si elle est utile voire primordiale, se révèle avant tout le support d’une analyse de phénomènes parfois complexes mettant en jeu de nombreux déterminants. Le pari est d’autant plus osé que le livre traite de toutes les énergies dans de nombreux aspects (ressources, usages, marchés, etc.) avec une dimension géographique et même prospective avec la dernière partie – malheureusement très courte – sur les « défis mondiaux ».

L’équipe de l’IFP Energies Nouvelles qui a rédigé cet atlas nous livre une vision intéressante et très pédagogique de ces problématiques avec une segmentation qui rappelle le Géopolitique de l’énergie du même J-P Favennec aux éditions Technip (grands enjeux, segmentation par énergie, segmentation par continent). La première partie qui met en place le cadre général aurait toutefois pu être un peu plus développée, notamment sur la question des entreprises, pourtant acteurs centraux, qui n’ont droit qu’à une double-page en fin d’ouvrage. De même un élément un peu « gadget » comme la double-page sur les hydrocarbures de l’Antiquité au XVIIIe s. semble superflu au regard de la ligne éditoriale de l’ouvrage.

Outre ce petit bémol, il est important de reconnaitre que cet Atlas mondial des énergies touche sa cible. Didactique, précis et documenté, il offre des éléments intéressants de comparaison (comme l’illustration de la page 64 des coûts des différents « liquides » dans le monde (essence, cola, lait, eau minérale, etc.) qui permet d’appréhender immédiatement les différences sociétales). C’est d’ailleurs dans ses illustrations – qu’il s’agisse des cartes, tableaux et schémas – que réside la principale force de cet ouvrage. En effet le texte se trouve mécaniquement réduit, d’autant plus que la police utilisée est assez grande. Ceci est parfois dommageable quand des explications plus profondes sont nécessaires ; c’est notamment le cas de la partie géopolitique où les relations sont par nature assez complexes. Les spécialistes quant à eux resteront sur leur faim mais, une fois encore, cet ouvrage ne leur est pas particulièrement destiné.

Toutefois il ne faut pas se tromper. L’Atlas mondial des énergies est principalement un ouvrage de découverte qui permet, grâce à une segmentation en grands chapitres et en doubles-pages thématiques, de donner des repères sur des problématiques données (« les énergies marines », « la pétrochimie et les utilisations non-énergétiques du pétrole », « puissance nord-américaine et énergie », etc.). L’ouvrage comblera donc les néophytes qui y trouveront une porte d’entrée très agréable et pédagogique sur un univers passablement complexe ; libre à eux ensuite de se documenter de manière plus approfondie sur tel ou tel élément qui aurait retenu leur attention.


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