- Polemos.fr - https://www.polemos.fr -

Faut-il une nouvelle stratégie en Afghanistan ?

Aujourd’hui, lundi 21 septembre 2009, avaient lieu en l’église Saint-Jean de Latran à Rome les funérailles nationales des six parachutistes de la Folgore tombés lors d’un attentat à Kaboul la semaine précédente. Cet évènement tragique a créé en Italie un débat politique sur la présence des forces armées en Afghanistan [1], comme cela avait également eu lieu en France au moment de l’attaque d’Uzbeen l’année dernière. Au-delà des appels au retrait et au maintien, l’image des drapeaux disposés sur ces six cercueils invite, une fois de plus, l’ensemble des pays collaborant au sein de l’ISAF à se demander si la stratégie adoptée actuellement est la plus adéquate.

Alors que les résultats des élections présidentielles ne sont toujours pas validés, entre accusations de tricherie et comptage interminable des voix, le pays semble en proie à un chaos latent. H. Karzaï, président sortant et A. Abdullah, ancien ministre du précédent, s’affrontent par déclarations interposées [2] pour savoir qui est le vrai vainqueur. Plus qu’une histoire entre deux hommes, c’est, comme toujours en Afghanistan, à un affrontement ethnique que nous avons à faire. Hamid Karzaï, représentant des Pachtounes, ethnie majoritaire du pays et traditionnellement à la tête du pouvoir, et Abdullah Abdullah, soutenu par le Front National Uni, parti tadjik, ne sont que la personnalisation d’une lutte de pouvoir inextricable entre Pachtounes, Tadjiks, Hazaras, Ouzbeks et autres. Un changement d’ethnie à la tête de l’Etat causerait sans doute un choc important dans un pays qui est en recherche absolue de stabilité.

Parallèlement à ce problème de politique interne qui aura certainement des répercussions très importantes sur le terrain, les forces de l’OTAN s’interrogent sur la stratégie employée actuellement. Au moment où Moscou tente une fois de plus de briser la volonté [3] d’engagement de l’OTAN en Asie Centrale, au sein même de l’alliance atlantique des débats se font jour. Alors que l’arrivée de Barack Obama à la tête des Etats-Unis a ouvert une nouvelle ère en politique étrangère, notamment vis-à-vis des Etats arabes, les militaires de l’US Army laissent ouvertement apparaître leur scepticisme quant à l’issue, selon les conditions actuelles, de l’engagement. Même si le président américain rejette la toujours facile comparaison Afghanistan-Vietnam [4], le général Stanley Mc Chrystal, commandant en chef des forces de l’OTAN en Afghanistan, demande un envoi massif de troupes [5] pour pouvoir faire face à la situation.

Tandis que Barack Obama a déjà promis l’envoi de 21 000 hommes supplémentaires, au grand dam de sa majorité, le commandement de l’US Army en Afghanistan demande des moyens et une révision complète de l’approche du problème afghan, notamment par l’accélération de la formation des personnels de sécurité locaux, police et armée. En outre le général Mc Chrystal demande dans son rapport une participation accrue des alliés des Etats-Unis [6] en moyens matériels, humains et financiers. Ces derniers accepteront-ils ? Ce sera sans doute très difficile aux vues des réactions observées en France comme en Italie lors du retour des dépouilles des soldats morts dans l’accomplissement de leur devoir.

 

 

Come folgore dal cielo, come nembo di tempesta