USA : vers un nouveau Proche-Orient ?

En envahissant l’Irak en 2003, deux ans après l’intervention de l’OTAN en Afghanistan, l’administration Bush dévoilait au monde son plan de restructuration du Proche-Orient. Désirant établir une ligne de sécurité américaine entre ses deux alliés, Israël et le Pakistan, les Etats-Unis tentaient de remodeler par petites touches une zone aux problématiques imbriquées et aux contours mouvants.

L’arrivée de l’équipe de Barack Obama aux affaires ouvre sans doute une ère nouvelle dans les relations entre les Américains et le Proche / Moyen-Orient. Dès le début de l’année 2009 le ton était donné lorsque Barack Obama tendait publiquement la main à Mahmoud Ahmadinejad, tout en réaffirmant la nécessité de contrôle de la prolifération des technologies nucléaires. Même si cet acte à la symbolique forte devait rester lettre morte, il donnait un aperçu de la nouvelle orientation américaine.

Aujourd’hui, alors que le président égyptien H. Moubarak termine sa visite à Washington, c’est sur le front des relations israélo-arabes que s’active l’administration Obama. Il semblerait que les USA aient décidé d’adopter une attitude plus ferme vis-à-vis d’Israël, notamment sur la problématique des colonies, afin de trouver un écho plus favorable au sein des pays arabes quant à leur vision de la géopolitique de la région.

Le choix de commencer cette nouvelle politique par une visite officielle du président égyptien n’est pas fortuit. En effet, l’Egypte apparaît toujours comme l’Etat le plus modéré et le plus écouté dans les pays arabes du Levant. S’il obtient le soutien de l’Egypte, B. Obama aura fait un grand pas dans la normalisation des relations américano-arabes, bien écornées du temps de G. W. Bush. Le nouveau président américain devra se plier à l’exercice imposé de la tentative de conciliation israélo-palestinienne, moment récurrent des présidences américaines depuis Camp David. Dans le même temps les choses évoluent en Palestine puisque le congrès du Fatah qui vient de se clore entérine le rajeunissement d’un mouvement qui affiche une nouvelle volonté d’ouverture.

Toutefois les Etats-Unis pourraient être confrontés à un challenger dans leur position affirmée de médiateur du Proche-Orient : la Russie. En effet, Moscou, traditionnel soutien de Téhéran, affiche depuis quelques temps une volonté de recherche d’influence dans les pays arabes. Historiquement proche de l’Egypte nassérienne et encore aujourd’hui de pays comme la Syrie qui retrouve un poids important, la Russie s’est récemment ouverte à des Etats comme le Liban. D. Medvedev adoucit les positions traditionnelles de la Russie et ouvre sa diplomatie. Dernier geste en date, la déclaration du président russe affirmant qu’il est en train de reconsidérer la vente de missiles sol-air à Téhéran. Ce geste qui n’est pas passé inaperçu en Israël montre comment la Russie, par le poids diplomatique qu’elle exerce sur l’Iran, entend devenir un acteur incontournable des relations au Proche-Orient.

La nouvelle fermeté de Washington vis-à-vis de son allié traditionnel israélien, dans le but affirmé de se rapprocher des pays arabes, couplée au rapprochement de l’Etat hébreux et de la Russie n’est il pas en train d’ouvrir une brèche dans les relations tenues entre Etats-Unis et Israël ? En tout cas Barack Obama aura fort à faire sur ce dossier s’il veut réussir à concilier des positions et des attentes qui dépassent de loin le cadre israélo-arabe.


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